La renaissance d’un lieu historique protestant

 

C’est au début du XVIIe siècle que le Duc Frédéric de Wurtemberg décide de faire construire à

Montbéliard un temple, le luthéranisme ayant été diffusé dans la région par Guillaume Farel

et Pierre Toussain. La conception et la réalisation du futur temple sont confiées à Heinrich

Schickhardt, l’architecte ayant piloté les travaux d’embellissement de Montbéliard à la fin du XVIe siècle.

Schickhardt choisit de concevoir ce nouveau temple à la place d’une église existante, au cœur du bourg historique. Débutés en 1601, les travaux s’achèvent avec la pose du haut du clocher en 1677.

Pendant 350 ans, le Temple subit de nombreuses réparations, réfections, réorganisations,

restaurations et reconstructions : la construction de la tribune méridionale (1683), une

première grande restauration intérieure par le menuisier Jean Friedrich Mégnin (1741-1742 ), la réorganisation de la salle de culte (1827-1845), des travaux de restauration dans les années 1990 et en 2007avec le toit.

D’après l’architecte en chef des Monuments Historiques Pascal Prunet, « le temple Saint-Martin est un édifice important pour l’histoire en tant que témoignage d’une relation très particulière entre les cultures architecturales germaniques et franc-comtoises, mais aussi parce qu’il constitue une expérience de classicisme « renaissant » directement appliqué après un voyage en Italie très documenté, publié par son auteur, l’architecte Schickhardt. Si le monument comporte un certain nombre d’imperfections (…), il marque cependant une étape importante vers la définition de l’archétype formel du temple protestant dans son choix délibéré et systématique de l’ordre antique le plus dépouillé pour ses façades extérieures et intérieures, ordre relativement peu utilisé en Italie même depuis le début de la Renaissance.»

Le classement Monument Historique en 1963 atteste de la valeur du Temple Saint-Martin, appuyant l’intérêt de mener à bien le projet de restauration-réaménagement nécessaire à la préservation de l’édifice et à la modernisation du rôle que ce dernier dans la vie montbéliardaise.

Le Temple se caractérise par un espace rectangulaire unique sans colonne ni abside afin de

rassembler une seule communauté. Couvert d’une toiture à double pente, le bâtiment est orienté sud-ouest / nord-est autour de 34 pilastres. La construction mesure 19 mètres de large et plus de 40 mètres de long. Sa hauteur à la corniche dépasse 11.50 mètres. Les proportions harmonieuses, l’absence de surcharge et le nombre restreint d’ornements sculptés participent fortement de l’identité de l’édifice.

Le projet proposé par l’Agence Rolinet&Associés et l’Agence Asselineau a pour objectif premier de retrouver la lecture du volume intérieur, l’unité de style et de façade intérieure ayant subi des altérations au fil des années suivant les nécessités d’occupations.

Le projet propose de mettre en valeur les lignes verticales de l’édifice en supprimant le lambrissage mural de la nef centrale. Les pilastres seront valorisés, révélant la modénature d’origine.

Les installations techniques obsolètes (chauffage, électricité...) seront supprimées et repensées pour être intégrées discrètement dans l’aménagement intérieur. Les sas d’entrée masquant une partie de l’édifice intérieur seront réaménagés en volume transparent, réaffirmant les caractéristiques originelles du Temple.

L’intérieur ainsi épuré, la salle principale bénéficiera pleinement de la lumière naturelle apportée par les nombreuses fenêtres sans vitraux


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